L’injection d’électricité autorisée au Maroc

C’est fait!

Le 27 août 2015, le conseil du gouvernement avait autorisé l’injection de l’énergie solaire sur le réseau national d’électricité basse tension.

Le 13 septembre 2015, l’Autorité Nationale de Régulation de l’Electricité (ANRE) a été nommée. Elle est sensée jouer le rôle d’arbitre entre les fournisseurs, l’ONE et les régies de distribution et fixera les tarifs d’utilisation des réseaux de l’ONE.

Enfin, la loi a été publiée dans le bulletin officiel N.6436 du 04 février 2016.

C’est une décision très importante dans le domaine de production de l’énergie solaire, et nous pouvons remercier la Banque Mondiale[1]. Celle-ci a en effet conditionnée le prêt de 200 millions de dollars destiné à financer le complexe solaire de Ouarzazate, à l’ouverture au privé du marché basse tension.

Je rappelle qu’en septembre 2013, dans ces pages, nous avions justement demandé cette ouverture du marché basse tension. Le prix du  kWh produit par la centrale thermo-solaire de Ouarzazat revient à 2 dhs (Usine nouvelle le 23/10/2015), et ce prix devrait, parait-il, être ramené à 1.62dhs pour les prochaines centrales. Or, à titre de comparaison, l’électricité produite en basse tension par chacun d’entre nous revient à 0.70 dhs/kWh.

Dans d’autres pays – Espagne, Allemagne, Belgique etc -, la production de l’énergie solaire est subventionnée. Ici, elle est freinée afin de protéger les intérêts des régies de distributions, quitte à endetter le pays avec du pétrole importé… A cet effet, le décret de loi limite l’injection de l’énergie solaire à 20% du volume de votre production. En clair, votre énergie, l’état n’en veut pas. Le prix de l’achat d’énergie ainsi que le décret d’application ne sont pas encore publiés, mais gageons que, sous la pression de certains lobbys, le gouvernement fera tout pour vous décourager à produire votre électricité…

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[1]  Voir le communiqué de presse Banque Mondiale du 02/03/2015

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22 réponses
  1. erray meriem dit :

    merci les information mais est ce qu’on peux dire je veux ajouter que les gens qui veulent injecter dans le réseau ,il faut bien dimensionner leur installation afin d’éviter de produire plus que son besoin mensuelle puisque dans le cas contraire le surplus sera injecté sans que ces gens bénéficient càd ne peuvent pas vendre ce surplus et le seul qui bénéfice c’est l’ONEE et donc on peux dire qu’ils perdent leurs argent pou rien

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    • M'Barek El Fadil dit :

      Si vous injectez sur le reseau de L ONE plus que votre que votre consommation, sachez que la loi libérant l’injection électrique en basse tension,publié au JO en date du 4/02/2016, prévoit l’achat par l’ONE de surplus jusque à hauteur de 20% de la production mais le décret d’application n’est pas encore publié.

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        • Hessani dit :

          Je viens d’installer une unité qui produit environ 60 Kwh par jour. Quand je n’utilise pas cette énergie, elle est injectée dans le réseau ONEE qui me la facture comme si je l’ai consommé , car j’ai un compteur à carte prépayée. J’ai investi beaucoup d’argent pour pouvoir bénéficier de cette énergie naturelle qui préserve notre environnement mais c’est dommage Que dans notre pays les décideurs ne se sentent pas concernés. Je suis obligé de déconnecter mes panneaux solaire et revenir à l’énergie fournie produite par le charbon ou fuel très polluant. C’est vraiment dommage. Est ce qu’il a une loi qui est prévue pour régulariser cette anomalie comme celle appliquée dans les pays européens.

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          • M'Barek El Fadil dit :

            Bonjour.

            La loi autorisant l’injection de surplus sur le réseau ONE a été approuvée au parlement et publiée au journal officiel en février 2017 amis n’a pas reçue de décret d’application, l’one et sociétés à gestion déléguées s’y opposent.
            Dans votre cas et pour profiter pleinement de l’énergie de votre installation, il faut installer un onduleur hybride avec batteries pour éviter le retour d’électricité vers le réseau.

  2. Ami dit :

    Projet bloqué depuis les années 2000 par les lobbis et groupes disposant d’une influence importante sur le processus de décision de l’Etat au mepris de l’intérêt national.

    Mercredi 08 Novembre 2017 – Par financenews
    Ouverture de la basse tension : Les verrous à faire sauter

    L’ouverture de la basse tension aux énergies renouvelables traîne à cause du lobby de l’ONEE et des régies de distribution. Un retard qui pèse sur l’efficacité énergétique fortement corrélée à cette ouverture.

    L’ouverture de la basse tension (BT) aux énergies renouvelables est une condition sine qua non pour garantir une transition énergétique axée sur les énergies propres. Autoriser les particuliers, les administrations, les communes, les entreprises etc., à produire leur propre énergie et à l’injecter dans le réseau est un pas indispensable vers cette transition.

    Un pas que le Maroc ne semble pourtant pas prêt à franchir. En effet, cela fait plus de 8 ans que le cadre juridique et réglementaire relatif à l’ouverture de la basse tension aux sources renouvelables a été mis en place. Paradoxalement, aucune avancée n’a été enregistrée depuis. Les opérateurs (ONEE et régies de distribution) traînent le pas pour retarder le plus possible une ouverture inévitable. Une attitude qui va à l’encontre de la politique de l’Etat qui veille à promouvoir le développement des énergies renouvelables qui, pour l’instant, repose uniquement sur les grands projets lancés dans le solaire et l’éolien.

    Ce blocage n’est pas exempt d’impact sur la balance commerciale à cause de la facture énergétique qui ne cesse de grimper.
    ………

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  3. Nanette Chaqri dit :

    Est-ce qu’il y a une suite concernant les tarif d’injection ?

    Extrait de l’article L’ECONOMISTE – Edition N°:5259 Le 25/04/2018
    Q U O T E
    MT: La réforme de la loi 13-09 en cours
    Pour encourager l’investissement privé dans des projets énergétiques de sources renouvelables, la tutelle a décidé d’amender la loi 13-09 qui permet l’ouverture du marché de la production et de la commercialisation d’électricité au privé. Huit ans après son adoption, le financement ne suit pas malgré cette libéralisation.
    Pour rectifier le tir, le ministère de l’Energie a érigé le développement du marché de la moyenne tension (MT) en priorité. La tutelle vient d’ailleurs de soumettre au SGG un C. La mesure phare proposée est d’introduire la garantie d’achat d’une partie de la production pour améliorer la banquabilité des projets. Une garantie de l’Etat qui réduirait le risque dans ce secteur boudé par les bailleurs de fonds.
    Les textes d’application de cette loi sont également lancés afin d’adapter ce cadre réglementaire aux besoins du marché et aux mutations du secteur de l’énergie. Un coup de pouce très attendu par le secteur privé qui y voit une bonne opportunité.
    Notons que le ministère de tutelle a lancé une étude relative à la mise en place d’un Code du réseau électrique national, visant à préparer les mesures d’accompagnement de l’ouverture du marché de l’électricité aux clients MT. Il s’agira de l’établissement des conditions de raccordement au réseau électrique national pour recevoir les projets de production d’électricité de source renouvelable.
    «La loi relative à l’autoproduction permet aujourd’hui, aux grands consommateurs, dont la puissance appelée est supérieure à 300 MW, de réaliser une capacité électrique sans limitation et avec l’accès au réseau de transport d’électricité», fait valoir le tout nouveau patron de l’ONEE.
    Par ailleurs, la mise en place effective d’une autorité de régulation du secteur de l’électricité indépendante est prévue pour accompagner les évolutions que connaît le secteur de l’énergie, notamment en matière d’ouverture du marché de l’électricité de source renouvelable. Cette agence veillera au respect de la réglementation en vigueur, et à la fixation des tarifs et des conditions d’accès au réseau électrique et aux interconnexions. Elle devra être élargie au gaz naturel.
    U N Q U O T E

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    • M'Barek El Fadil dit :

      L’article relate une information déjà servi à maintes reprises, les lobbies des distributeurs d’électricités empêchent toutes modifications de la loi permettant la libéralisation d’injection en basse tension.
      Conséquences; si vous installer vos panneaux solaires pour avoir de l’électricités, vous avez le choix entre: perdre le surplus de la production où le stocker dans les batteries, comme ces derniers coûtent très cher, on doit admettre que tout est fait pour vous décourager à produire de l’énergies vertes.

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  4. Kettani dit :

    Il faudrait lancer une pétition pour montrer que les citoyens sont prêts à investir dans la production d’énergie verte et dénoncer l’action des lobbies qui freinent toute avancée prise par le gouvernement.
    Je rappelle que lors de la COP 22, le gouvernement avait promis de subventionner tous les investisseurs dans l’énergie verte.

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    • M'Barek El Fadil dit :

      Le gouvernement avait promis des subventions mais pas pour tout le monde, je rappel que le Saoudien, AKWA POWER, nous vend son énergie de la centrale solaire de Ouarzazat au prix de 1.62 dh le KW.
      Le méme Saoudien vient de signé à DUBAI un contrat 700MW pour la vente de son énergié CPS au prix de 0,65 dh le KW soit 60% moins cher, aller savoir pourquoi ?
      Ci dessous l’article publié par « Clean Technica »

      In September, ACWA Power contracted with DEWA (Dubai Electricity and Water Authority) to build the world’s largest concentrated solar power (CSP) plant at 700 MW with 15 hours of storage, at 7.3 cents per kWh, one of a cascading series in 2017 of bombshell record-low CSP prices in 2017.

      Répondre
  5. benmbarek dit :

    Bonjour,
    la question que je me pose encore aujourd’hui; est ce que je peut installer mes panneaux photovoltaïques et injecter dans le réseau éléctrique? sachant que mon compteur risque de tourner à l’envers si je consomme moins que ce que je produit, ai-je le droit au Maroc ou pas? sinon qu’est ce que je risque?
    CORDIALEMENT.

    Répondre
    • M'Barek El Fadil dit :

      Bonjour.

      Produire et déposer le surplus chez l’one, comme cela se fait partout dans le monde, est interdit au Maroc, cela va à l’encontre des gros bonnets,
      Maintenant si vous le faite malgré tout; les sanctions sont variables; une amende à négocier, un billet de 100 dh à l’agent charger des relevés, une résiliation, mettre un limiteur d’injection, acheter un compteur unidirectionnel.

      Répondre
  6. Hanane dit :

    Mon père a installé des panneaux solaires il y a 2 ans a tanger
    Veolia lui demande de les enlevait ou sino il retire le compteur électrique et il lui donne un délais de 2 jour
    Est ce que vous avez des réponses

    Répondre
    • M'Barek El Fadil dit :

      C’est l’une des absurdité des responsables Marocains, voila votre père produits un surplus d’électricité en journée, il est prêté à l’ONE pour être récupérer le soir où le vendre, cette transaction de bon sens qui permet de produire de l’électricité localement sans importer du pétrole est interdite au Maroc car il va à l’encontre des intérêts des sociétés à gestion déléguées, Redal, Amandis, Lydec, Rademaa etc, ceux-ci préfèrent acheter du pétrole en dollar, endetter le pays, pour vous le revendre au prix fort autrement dit; intérêts des crocodiles devant celui de la nation.

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  7. Rachid dit :

    Bonjour , s’il vous plait je voudrais savoir Si quelqu’un veut faire de l’autoconsommation dans sa maison pour réduire sa facture et de protéger l’environnement (d’une manière indirecte ) est ce que c’est possible au maroc ou bien c’est interdît d’accéder au réseau ONE pour faire de l’injection de surplus ?
    NB: je connais une commune qui a fait de l’autoconsommation sans aucun problème est ce qu’elle a le droit ou Non ?
    Cordialment.

    Répondre
  8. MOHAMMED MOURAD dit :

    bonjour
    svp je voudrai produit ma propre énergie a partir des panneaux , quelle sont les étapes administrative a suivre et est ce que c possible d’abord d’être autonome par rapport a ma consommation ou non ? et est ce que c possible de vendre le surplus au réseaux de L’ONE ? ma dernier question est ce que il y a un loi relatif aux énergie renouvelable au Maroc ? et merci d’avance

    Répondre
    • M'Barek El Fadil dit :

      Bonjour,

      Oui,il est possible de produire sa consommation d’électricité en energies solaires, il faut juste respecter les normes de sécurité
      – En dessous de 20 kw, aucune autorisation n’est requise.
      – Une loi autorisant la vente à L’ONE de 20 % de sa production à été approuvée au parlement en février 2017 mais n’a pas été homologué pour l’instant, quelqu’un disait que « le Maroc est une grosse salle d’attente »

      Répondre
  9. Elkoursi dit :

    SVP
    Est ce qu’il existe des éléments à mettre (à intercaler) dans le circuit électrique afin de limiter ou empêcher d’injecter le surplus d’électricité produite par les panneaux solaires dans le réseau de l’ONE merci

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    • M'Barek El Fadil dit :

      Bonjour,

      Oui, il est possible d’arrêter le retour d’électricité solaire vers le réseau ONE.
      Chaque constructeur des onduleurs a ses propre « frein d’injection » dont les noms different; comme anti-reverse, anti retour, smart-meter, anti reflux, energy meter etc. pour chaque onduleur, il y a un anti retour et ne sont pas interchangeable. cependant il y en a un qui frein l’injection pour presque pour tous les onduleurs, c’est le « solar-log

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  10. Amin BENNOUNA dit :

    10 Avril 2020 Autoproduction d’électricité renouvelable : pour qui est fait le texte du Projet de Loi en gestation ?
    par Amin BENNOUNA (sindibad@uca.ac.ma)

    Il semble utile de faire un bref rappel de faits plus ou moins récents et utiles à la compréhension de la suite :
    – En 2010, la Loi 13/2009 sur les Énergies Renouvelables est adoptée par le Parlement. Par une omission d’autorisation, elle interdit tacitement à 10 millions d’abonnés d’injecter de l’électricité, solaire fût-elle, dans le réseau électrique de basse tension (220V) des douze distributeurs d’électricité du pays.
    – En 2015, l’amendement 58/2015 qui est adopté par le Parlement vient lever cette interdiction tacite par une légalisation explicite.
    – Le 10 février 2020, le Département de l’Énergie envoie un courrier à différents « partenaires » pour les consulter sur le texte d’un Projet de Loi sur l’Autoproduction d’Électricité au Maroc :
    o Les photocopies de fax de mauvaise qualité dudit texte qui ont été transmis auxdits « partenaires » sont d’une qualité inacceptable au 21e siècle (elle rend rébarbative la lecture et fastidieux tout travail d’amendement éventuel). Entretemps, l’auteur l’a numérisé et il est téléchargeable .
    o Ledit texte comporte beaucoup de répétitions et de détails de gestion quotidienne (registres et autres) qui n’ont rien à faire dans un texte de Loi mais qui auraient parfaitement eu leur place dans un Décret d’Application et même parfois dans une simple Circulaire Ministérielle.
    o Pour hautement technique qu’il soit, ledit texte laisse, ici et là, planer une confusion entre diverses notions parfois pas du tout courantes dans les bases de l’électricité.
    – En mars 2020, en plein État d’Urgence Sanitaire, le Département de l’Énergie décide d’accélérer le processus de consultation par des conférences restreintes avec différents « partenaires » sur ledit Projet de Loi sur l’Autoproduction d’Électricité. Certes, la vie continue pendant le confinement mais quelle coïncidence !
    La Rédaction du deuxième paragraphe du Préambule trahit tout de suite l’esprit du texte puisqu’il s’agit : « d’encadrer la production de l’énergie électrique à des fins d’autoconsommation, en permettant son développement » (l’encadrement d’abord, le développement n’étant que permis sans être recherché). En conséquence, le texte est rédigé comme s’il était le premier au monde, en faisant fi du propre Code Pénal marocain (voir plus bas) mais aussi de toutes les expériences étrangères qui ont commencé l’injection d’électricité renouvelable sur, justement, le réseau de basse tension parce qu’il s’avérait que c’était là qu’il y avait le moins de problèmes techniques. Les répétitions et les détails de gestion quotidienne qui figurent dans ce texte de projet de Loi sur l’Autoproduction d’Électricité ressemblent à autant de « poudre aux yeux » pour empêcher d’y voir l’essentiel ou du moins pour essayer de le diluer :
    – Sur le plan technique : Alors que le réseau électrique est, normalement, déjà dimensionné pour transporter la puissance souscrite vers le consommateur, le texte du Projet de Loi décide que chacune des installations d’autoproduction d’électricité renouvelable soit individuellement limitée à la puissance souscrite par l’abonné. Or, dans tout quartier, l’électricité produite sera consommée localement car ses bâtiments n’injecteront jamais tous et à pleine puissance en même temps puisqu’ils en consommeront eux-mêmes une partie, c’est ce que les électriciens appellent le « foisonnement ». Considérant ce « foisonnement », pourquoi ne pas plafonner à 300% ou à 200% de la puissance souscrite ? – Les motivations sont simples, on veut limiter tant que possible les quantités d’électricité que les abonnés pourraient produire par eux-mêmes. Par ailleurs, dans son empressement à vouloir tout « encadrer », le texte ne s’attarde guère sur la qualité de l’électricité renouvelable que l’Autoproducteur pourrait injecter dans le réseau.
    – Sur le plan financier : Le Projet de Loi n’est pas du tout orienté vers le comptage différentiel (« net-metering ») où l’abonné paye, à la fin du mois, la différence nette positive entre l’électricité qu’il a consommée et celle qu’il a produite (pas de rémunération d’excédents). Sommes-nous donc si riches pour préférer rémunérer les excédents d’énergie électrique que l’abonné aurait injectée dans le réseau ? – On devinera que ce n’est pas pour rémunérer plus cher l’électricité solaire injectée (comme cela s’est fait en Europe et ailleurs), mais, au contraire, pour que la production solaire de l’abonné soit payée moins cher que celle qu’il consomme. Ceci a une certaine légitimité étant donné que l’électricité solaire injectée dans le réseau est devenue moins chère que celle qui est payée par les abonnés et qu’il faut veiller à la santé financière de nos distributeurs d’électricité (là est le vrai problème que le texte ne cite pas). Plutôt que de déléguer plein pouvoirs à un Décret sur cette affaire, on aurait pu, par exemple, arrêter ce prix au tarif de vente de l’ONEE aux distributeurs aux heures pleines ou, à défaut, à un très gros pourcentage de celui-ci ou bien encore 0.20 Dh HT en-dessous de celui-ci. On a déjà vu, dans notre pays, le flop qui pouvait être fait lorsqu’on laissait le réglementaire fixer les prix de rachat d’excédents, notamment ceux de l’électricité éolienne que l’ONEE rachetait dans le cadre du projet « EnergiePro » bien moins cher que ses propre coûts d’électricité conventionnelle. Méthode curieuse d’encourager les énergies renouvelables ?
    – Sur le plan de la gestion : Le texte du Projet de Loi annonce, plusieurs fois, que le distributeur concerné « réservera les capacités requises » sans annoncer comment il sera procédé à cette « réservation », ni même préalablement défini ce qui était entendu par ces « capacités requises ». Et pourtant, dans son Article 2, le texte du Projet de Loi n’est pas avare de définitions puisqu’il rappelle même les plus basiques (« basse », « moyenne » et « haute tension » ainsi que celle du « réseau électrique national ») en omettant celle de ces « capacités requises ». Ce qui est certain, c’est que les distributeurs y semblent consacrés juges et partie au point que l’Article 17 confère à leurs agents des pouvoirs assimilés à ceux de la Police Judiciaire. Ledit texte inclut aussi de nombreux détails de mise en œuvre qui auraient été en bien meilleure place dans un Décret d’Application ou même dans une simple Circulaire Ministérielle. Par exemple, le texte du Projet de Loi répète plusieurs fois que le déclarant d’une installation de production se voit attribuer un ordre de priorité déterminé par la date et l’heure enregistrée de réception de la demande de raccordement etc… Bref, avant même de commencer, on a déjà l’intention de légaliser la limitation des autorisations au point qu’il y aura une liste d’attente et, si on connaît son tour lorsqu’on est dans une salle d’attente, ici, le §3 de l’Article 3 stipule qu’il faudra en faire la demande. Ceci, sans compter moult détails qui, par leur présence, dénotent plus une volonté de ralentir par « encadrement » le processus que de « permettre » le développement de l’autoconsommation annoncé dans le Préambule. Avec autant de détails de mise en œuvre dans la Loi, on ne comprend pas qu’on ait délégué à la voie réglementaire la décision de fixer la puissance solaire maximale d’une installation à raccorder sur le réseau de basse tension.
    – Rétroactivité : L’Article 27 introduit même une rétroactivité de la Loi aux installations antérieures (donc, réalisées entre 2015 et la mise en application de la Loi pour la basse tension).
    – Sanctions : En régime de consommation, les abonnés à la moyenne tension dépassant la puissance souscrite sont soumis à de simples pénalités qui d’ailleurs font l’objet d’optimisation alors que tous les abonnés autoproducteurs dépassant la puissance souscrite deviennent des délinquants qui s’exposent à des amendes et des peines allant jusqu’à un an de prison. Enfin, faisant fi du Code Pénal, on a voulu que la dissimulation ou la falsification de documents liés à cette Loi fassent l’objet de peines spécifiques.
    Le texte, dans son ensemble, laisse la porte grande ouverte à des blocages qui rendraient la Loi inapplicable. L’empressement à accélérer le dialogue avec les partenaires dans les circonstances particulières de ce mois de mars 2020 peut, à juste titre, paraître suspect. Alors pourquoi le fait-on ? Sans doute souhaite-t-on présenter ce Projet de Loi sur l’Autoproduction à un Parlement quia beaucoup plus urgent à traiter et l’adoptera sans doute avec peu de débats. L’ONEE, cette fois en tant que représentant des distributeurs d’électricité a déjà assuré la place de Directeur de l’Électricité au Ministère de l’Énergie et la place du Directeur de l’Autorité Nationale de Régulation de l’Électricité à des « anciens de la maison », qu’ils réintégreront sans doute à la fin de leur fonction… Imaginons un instant que l’ANRT ait été lancée par un ancien de l’ONPT (IAM) avec un Directeur des Télécoms à l’ex-MPTT lui aussi ancien de l’ONPT (IAM) ! Le Lobby des distributeurs d’électricité du Maroc (publics, communaux et privés) aura ainsi fait ce qu’il fallait pour verrouiller le système de conception et de débat du Projet de Loi sur l’Autoproduction d’électricité ainsi que la possibilité de blocage réglementaire ultérieure (via le même tandem des Directions de l’ANRE de l’Electricité du MEMEE et). Hélas, non ! Si ce projet de Loi est adopté, le Maroc ne sera pas applaudi pour la régulation de son secteur de l’électricité comme il l’a été pour celle de son secteur des télécommunications.
    Maintenant, pourquoi ce Lobby a-t-il préféré une Loi à une procédure Réglementaire par Décret ? – Si les conditions sont réunies pour faire adopter un tel texte, une Loi adoptée compliquera le moyen d’en sortir et constitue donc la meilleure façon, pour les distributeurs d’électricité, de se prémunir contre la dissémination de solaire photovoltaïque sur le toit des constructions du Maroc et la crainte d’un manque à gagner, qui constitue le mobile de tout ceci.
    Il ne faut pas se leurrer, le retard à légiférer sentait le roussi depuis longtemps et c’est bien la guerre sous-marine menée par les distributeurs d’électricité (publics, communaux et privés) contre les intérêts de leurs propres abonnés qui a nécessité tout le temps qui s’est écoulé depuis la Loi 13/09. Goliath contre David, le combat semble perdu d’avance mais le Ministre, le Secrétariat Général du Gouvernement et la Primature laisseront-ils le Lobby des distributeurs d’électricité du Maroc imposer ses intérêts contre ceux des citoyens et contre la réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Avec 61% d’électricité au charbon, le kWh produit au Maroc reste encore très polluant malgré tous les efforts consentis (759 gCO2/kWh en 2019).
    Je suis prêt à tout débat public face à tout concepteur de ce projet de Loi sur l’Autoproduction d’électricité.
    On pourra malgré tout avoir bonne conscience et, surtout, se préparer à un dialogue en 2030 :
    – En 2020, nous avons fait le nécessaire : le Maroc a SA Loi sur l’Autoproduction d’électricité, fût-elle solaire pour les abonnés au réseau électrique de basse tension, c’est-à-dire pour pratiquement tous les citoyens.
    – Ah bon ? Et pourquoi, 10 ans après, ce n’est toujours pas très répandu au Maroc, bien que les coûts de production d’électricité solaire y soient compétitifs et que les grands projets solaires eux s’y développent bien ?
    – Les marocains ne se sentent pas concernés par l’environnement et n’ont pas assez d’argent pour investir.
    – Ah bon ? Et pourtant 60% des marocains sont propriétaires de leur logement en majorité individuels ?
    – Vous êtes mal informé, c’est seulement 58%. Ce sujet est épuisé. Y-a-il une question sur un autre sujet ?

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    • M'Barek El Fadil dit :

      Je vous remercie de votre pertinente contribution pour éclairer l’opinion publique sur un projet de loi visiblement fait sur mesure au profit des lobbys des distributeurs d’électricité, pour rendre difficile voir impossible toute initiative de production d’électricité solaire par les citoyens.
      Est-il utile de rappeler ici les avantages, pour un pays comme le Maroc, de permettre aux gens de produire leur énergie, au lieu d’acheter du pétrole, en dollars, à l’étranger ?
      Je rappelle qu’une loi avait déjà été votée au parlement 58-15 et publiée au bulletin officiel en date du 4 février 2016. Bien qu’imparfaite, cette loi permet aux gens d’injecter sur le réseau ONE jusqu’à 20% de leur production. C’était trop demander pour le lobby de la distribution. Grâce à leurs puissances, ils ont réussi à stopper le décret d’application, de tel sorte que cette loi n’a jamais été appliquée.
      Dès lors, le gouvernement est pris entre le marteau et l’enclume. L’engagement fait auprès de la Banque Mondiale de libéraliser le secteur énergétique basse tension, conditionnant le prêt de 200 millions de dollars, voir communiqué de presse Banque Mondiale du 1/03/ 2015, et l’enclume qu’est constitué de groupe de pression du réseau des sociétés dites « gestion délégué » La parade trouvée par nos génies gouvernementaux est la suivante: pondre une autre loi noyée dans les textes et procédures bureaucrates pour décourager toutes initiatives de production d’électricité solaire.
      Les lois au Maroc sont généralement inspirées de la législation française parfois carrément une copier coller. Il aurait été judicieux de copier les mêmes lois régissant l’autoproduction d’électricité solaire sur le réseau, votés par Le Mali ou la Jordanie car là bas, on peut avoir son générateur de production d’électricité solaire dans une région désertique, là où le foncier ne coûte pas cher. Connecter au réseau ONE pour la consommation dans les grandes agglomérations où le prix de m² est très élevé.

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